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Résistance au changement ou deuil?

Si vous avez déjà tenté d’amener un changement dans votre organisation, vous savez par expérience que ça ne se fait pas en un clin d’oeil. Peut-être vous êtes-vous heurté à une forte résistance, malgré votre planification soignée. D’où vient cette résistance?

Laisser aller, laisser venir

Tout changement suppose de laisser aller quelque chose : une façon de faire, un confort, une certitude, un comportement, ou autre chose. Et de laisser venir autre chose pour le remplacer. Naturellement, il nous en coûte de le faire. C’est pourquoi je vous propose de regarder la résistance au changement à travers la lentille du cycle de deuil.

Un processus

Lorsqu’on apprend qu’il faut changer, la première chose qu’on ressent, c’est le choc de la nouvelle, ou même de la colère. On a pas envie de laisser notre zone de confort. Ensuite, on se dit que le changement touchera les autres, mais pas nous. Ou bien que nous sommes totalement ouvert et prêt. Et cette étape du déni peut durer longtemps, sans même qu’on en soit conscient. C’est quand on se remémore comment c’était « avant » qu’on passe à l’étape suivante, celle de la nostalgie. On se raconte les histoires du passé.

C’est à ce moment que survient souvent l’erreur de reprocher aux gens de résister au changement, de rester accroché au passé. Et c’est grave car le résultat, c’est qu’on provoque une nouvelle colère et le cycle du deuil recommence. Ces histoires du passé constituent un processus d’intégration. En racontant, notre cerveau et notre coeur réussissent à reconnaître ce qui a été, à en reconnaître la valeur, et à entrevoir ce qui sera.

C’est donc en écoutant et en accueillant sans jugement qu’on facilitera le passage à l’étape suivante, l’acceptation, qui fait le lien entre le passé connu et le futur inconnu. C’est à ce moment qu’on peut enfin lâcher prise et s’ouvrir aux possibilités qu’offre le changement. Et c’est en explorant ces possibilités et en y participant pleinement qu’on contribuera à concrétiser le changement, à créer une nouvelle réalité.

C’est long?

Chacun vit le cycle à son rythme. Les uns en seront au lâcher-prise alors que les autres en seront au déni. La durée du cycle varie en fonction de l’importance du changement et du soutien que nous recevons. Plus nous nous sentons respecté et soutenu dans notre processus, plus vite nous avançons dans le cycle.

La prochaine fois que vous aurez envie de dire à quelqu’un « arrête avec tes histoires anciennes! », demandez-vous quelle influence vous souhaitez avoir sur cette personne et son changement : un retour à la case départ ou une écoute qui favorisera l’acceptation et accélérera le processus?

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