La Galerie d’art Stewart Hall, de la ville de Pointe-Claire, souhaitait engager les citoyens de cette municipalité multiculturelle dans un projet d’exposition commémorant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Notre mandat consistait à générer de l’information pour la commissaire de la Galerie. Elle souhaitait que le projet reflète l’identité canadienne à travers les yeux des citoyens de Pointe-Claire.

Avec un comité de pilotage représentatif de divers noyaux municipaux et citoyens, nous avons cocréé une démarche de deux demi-journées permettant de :

  • prendre un temps d’arrêt pour réfléchir à l’identité canadienne;
  • observer et noter les appréhensions et les espoirs du groupe face à cette réflexion;
  • utiliser un parcours d’oeuvres d’art canadiennes pour entrer à l’intérieur de soi et ressentir le sens de l’identité canadienne;
  • à travers des conversations, découvrir la multitude de sens et les éléments de fierté par rapport à l’identité canadienne;
  • documenter l’ensemble de l’information générée à chaque étape.

Les données recueillies au cours de ces demi-journées ont servi de base à la commissaire d’exposition dans sa recherche et dans l’élaboration de critères de choix des oeuvres et des artistes.

Au-delà de la mise en œuvre d’une exposition, les données générées par les participants ont révélé avec force des concepts tels que l’ouverture, l’intégration et l’implication citoyenne qui seraient parfaitement servis par des activités de médiation culturelle ou autres projets et activités d’arts visuels. L’intelligence collective réunie des citoyens et du personnel de la Galerie d’art et de la Ville ainsi que de quelques conseillers municipaux a redéfini et enrichi le projet. La fierté ressentie par les gens pour leur environnement naturel, paysager, culturel, social… forge l’identité du Canada, et le projet artistique initial est devenu un projet inclusif de grande ampleur sur l’identité du Canada.

Nous avons également créé une boucle de rétroaction pour que les participants voient l’influence de leurs conversations sur la création de l’exposition et dégagent des apprentissages de l’expérience.

La composition multiculturelle du groupe suscitait certaines craintes de dérapage, en particulier dans le contexte de définir le sens de l’identité canadienne au sein d’une population québécoise. La démarche en U a permis d’atteindre la profonde humanité des participants, individuellement et collectivement. Et c’est très certainement ce qui a favorisé des conversations à la fois authentiques et respectueuses, ouvertes sur l’autre et génératrices d’apprentissage et de données importantes pour appuyer la commissaire.