Collaborer : prendre soin de soi et de l'autre

Collaborer : une affaire de coeur

Collaborer est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Forte de trois expériences extrêmement positives, voici ce que j’ai appris.

Par son essence même, la collaboration nécessite davantage de conversations, de réunions. Pour faire le point ou tout simplement pour s’aligner les uns avec les autres. Il faut donc y consacrer du temps. Et pas seulement du temps, mais aussi de l’énergie. Quels sont donc les ingrédients clés d’une collaboration fructueuse?

Aimer ce qui existe
Tout d’abord, prendre conscience de nos inquiétudes et les exprimer au lieu de faire semblant qu’elles n’existent pas. Car même si on les nie, elles sont là. Bien présentes et influentes. Faire de même avec nos espoirs et notre gratitude, ces forces qui nous animent et nous réconfortent.

Ensuite, accueillir aussi notre “humanitude” comme l’appelait Albert Jacquard, cet ensemble de perfection et d’imperfections de l’être humain. C’est souvent difficile, et chaque fois une occasion de valoriser concrètement l’ouverture, l’authenticité et la capacité d’adaptation et d’apprentissage.

L’humain au centre

Prendre le temps de demander à l’autre “comment ça va?” et surtout, d’écouter la réponse, d’écouter attentivement, en profondeur, au-delà de la réponse automatique. C’est incroyable tout ce qu’on peut accomplir dans ces conditions! Prendre soin de soi et de l’autre.S’assurer d’être dans un bon état de corps et d’esprit avant d’arriver à une réunion. Accepter et exprimer sa propre vulnérabilité.

Le temps consacré à l’être humain est vital pour une collaboration génératrice de synergies. Il permet d’accélérer le travail par la suite, tout simplement parce que nos égos sont satisfaits, se sentent reconnus et ne luttent plus pour prendre leur place ou remettre les autres à leur place… Une cliente me disait récemment avoir accompli plus en 3 heures qu’en 3 mois après une séance de travail dans un projet. Alain Bergeron, directeur de la Caisse Desjardins de Contrecoeur-Verchères me faisait un commentaire semblable il y a quelques années.

Travailler l’émergence

C’est travailler avec ce qui émerge dans le moment présent : opportunité, travail à faire,  énergie. Comment? En suivant notre ressenti, en assumant notre part de responsabilité et en se faisant confiance. En accueillant les imprévus avec curiosité et légèreté. Autrement dit, en développant une aisance avec l’inconnu.

Que ce soit dans la fondation de l’espace de coworking Noburo (5 collaborateurs), dans la création de la communauté U.Lab Québec (6 collaborateurs) ou dans l’intégration d’une nouvelle associée dans mon entreprise Communications Esther Matte (2 collaboratrices), toutes les personnes qui collaboraient étaient réunies par une intention commune.

Dans ces trois expériences, nous avions tous un bagage d’expériences et de connaissances, et chacun des collaborateurs y a fait confiance. Au lieu de planifier un parcours, nous avons porté une intention commune et suivi nos intuitions, nos idées, nos ressentis au fur et à mesure qu’ils se manifestaient. Nous avons, chacun, initié et soutenu des actions.

Le résultat?

La collaboration entre personnes qui prennent le temps de se rencontrer avec authenticité génère des synergies insoupçonnées, de la joie dans le travail et de la satisfaction chez les clients.

Si la collaboration est aujourd’hui partout présente, dans les équipes de travail aussi bien que dans les plans stratégiques, elle est aussi bien souvent une source de stress, de frustrations et même de conflits. Aimer ce qui existe. Placer l’humain au centre. Travailler l’émergence. Tout cela s’apprend et se développe pour collaborer vraiment, pour vivre la collaboration de manière authentique, inspirée et nourrissante.